« MORT D’UN COUP DE TONNERRE »
UN FAIT DIVERS EXTRAIT DE L’ETAT CIVIL
Sur le chemin des romains, à Brèches
Indre & Loire
Préambule
Cet acte ci-dessous était connu de nous depuis les années quatre vingt, mais du fait de sa lecture difficile et les Archives de l’Indre et Loire ne disposant pas d'archives en ligne à la date de la rédaction de cette page, la lecture des documents nécessita le déplacement aux A.D 37 à Chambray les Tours (370 km aller et retour). Sur place, la lecture (par microfilm) requit toute notre attention car le nom du premier acteur de l’acte était sujet à caution. En son temps, cet acte avait été retenu pour son objet très particulier et pour le libellé du nom de la victime, qui pouvait laisser penser au patronyme Bourdilleau.
Lors du dernier déplacement, la consultation des tables décennales ne laissa pas de doute, le nom de François Bourgoin, mentionné par un rédacteur de l’état civil différent, était cette fois bien lisible. Cette heureuse conclusion permettait (enfin) de connaître tous les protagonistes.
Sur ce site, la famille Bourgoin est alliée aux Bourdilleau depuis le XVIe siècle !
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Corrigé de l’acte « L’an mil huit cent vingt sis le 7 septembre deus heure apres midy par devant nous Blaise pallier adjoint faisant pour monsieur le maire les fonsion d’officier publique de l’etat et civil de la commune de Breche Canton de château lavallière departement d’indre et loire est comparue pierre Le Beuf Cultivateure age de trante deus ans demeurant a Saulou ditte commune de Breche Lequel nous a declarée que francois Bour(goin) est mort d’un coup de tonnaire (hier) sur les deus heure apres midy age de trente et une ans fut gagiste chez monsieur Dulond de cherigne Commune de chenu Departement de la Sarthe x proche x sur le chemin des romain commune de Breche fil(s) de francois Bourg(oin) cultivateur demeurant au chenu et de defunte Louise Bourgoin ses pere et mere demeurant dans le meme domicile. Les temoins pierre Le Beuf sis_dessue de_nommee amie du Decedee et michel morin age de soixante douze ans cultivateure demeurant a Saulou sur le chemin des romain amie du decede apres nous estre ajurée du fait contant et nous estre transporte sur (place, avons) reconnue sa veritée avont dressee l’acte (en présence) des temoin et ont declaree ne savoire signe. Je soussigne Pallier » |
Ci-dessus à gauche, la copie de l’acte par la bienveillance de la Mairie de Brèches 37330
Ci-dessus, à droite le corrigé de l'acte
Nota
Le parcours emprunté par François est représenté par le tracé en rouge sur la carte ci-dessous. Il s’agit de l’ancienne voie romaine, localement appelée "chemin des romain". Sur cette carte, en haut à gauche, devenue départementale N°30 dans le département de la Sarthe venant de Chenu, cette route entre dans le département de l’Indre et Loire. Sur le territoire de la commune de Brèches aux Fontaines de Grivau (marquage en jaune sur la carte), après la traversée du bourg de Brèches, la route devenue Départementale N°6 se dirige Sud-est vers la D.766.
Ci-dessus, extrait de la carte I.G.N au 25000e N° 1821 O
Limite de département surlignée de jaune
Le village de Brèches Indre et Loire
Photo 1, L'Eglise St Martin de Brèches et le monument
Velpeau. A droite le cimetière.
Photo 2, A droite du portail de l’église : Le Pas de St Martin (Lieu dit de Brèches), photo à droite.
Au Ve siècle, le village portait le nom de Bricca, Saint Brice évêque de Tours y fonda une église qui, avec les siècles, d’agrandissement en embellissement devint l'église Saint-Martin que nous connaissons aujourd’hui.
L’ancienne voie romaine traitée dans ce texte est la voie Poitiers-Tours-Le Mans (rappelée à Vaas*). Sur son parcours, aux abords de Brèches côté Sud-est vers Neuillé Pont Pierre, une curiosité est à signaler : ‘’La Pierre-Saint-Martin’’, souvent traitée de "borne militaire romaine", elle est plus vraisemblablement l’ancienne pierre de couverture d’un sarcophage. Ce qui n’enlève rien à l’intérêt d’un arrêt en ce lieu.
Ancienne limite de l’Anjou, le village de Brèches dépend aujourd’hui du canton de Château la Vallière au nord de l’Indre et Loire, limite sud du département de la Sarthe. Il est situé à 20 km environ de Tours, préfecture du département de l’Indre et Loire, sa superficie de 1163 hectares. En 1806, sa population était de 564 habitants. Le bourg est situé en versant de coteau, au creux de la vallée où coule l’Ardillière. Dans ce cadre agréable, un plan d’eau bien aménagé est prisé des estivants dont les amateurs de pêche.
Brèches est situé à 6 km de Château la Vallière, à pied, le temps pour parcourir la distance est de 1 h 15 environ, aujourd’hui en automobile, le chef lieu de canton est atteint en environ 10 mn.
En 1826, François, le gagiste pouvait parcourir les sept kilomètres qui séparent le bourg de Chenu, du bourg de Brèches en moins de 1 h 30, en automobile aujourd’hui le parcours est effectué en moins d’un quart d’heure.
Photo 3, Borne routière Michelin &
Automobile Club de l’Ouest, au carrefour Nord Ouest du village. La maison
natale de Velpeau en arrière plan, est devenue salle communale.
Photo 4, Plaque Michelin d’entrée de
village, route de St Paterne-Racan
Alfred Louis VELPEAU.
Né le 18 (ou 19 mai) 1795 à Brèches, il était le fils du maréchal-ferrant. Enfant, il reçu pour éducation les rudiments dispensés par le curé de Brèches. Avec une âme de guérisseur comme l’était son père, ses connaissances et son intelligence, le jeune Alfred fut pressé par le Docteur Bodin de St Paterne-Racan d’entreprendre des études de médecine. Logé chichement à Tours, il sera pendant quatre ans étudiant en médecine où il devint l’élève de Pierre Bretonneau et ami d’Armand Trousseau, de l’Hôpital de Tours.
Il rallie la capitale en 1823, où il deviendra agrégé de médecine, 8 ans après avoir quitté presque illettré la forge familiale. Chirurgien des hôpitaux, titulaire de la Chaire de clinique chirurgicale, il fut élu membre de l’Académie de médecine en 1832 et de l’Académie des sciences en 1843. Il occupa la chaire de chirurgie clinique à la Faculté de médecine de Paris de 1833 à 1867. Alfred Velpeau est l’auteur de nombreuses publications sur la chirurgie : l’anatomie, l’embryologie, et l’obstétrique*.
Son nom restera associé à celui de la bande élastique de contention, la célèbre bande Velpeau !
Il s’est marié avec Marie Adèle Quesneville, fille d’un pharmacien. Ils auront deux filles, la première meurt à l’âge de 22 ans en 1855, la seconde se mariera avec le Comte Thoinnet de la Turmalière.
Auteur de plus de 341 mémoires de 1830 à 1866, il connaitra les honneurs et la fortune (évaluée à 4 millions de francs). Il n’oubliera pas pour autant son village natal, en offrant 1000 francs pour l’église de Brèches qui nécessitait des travaux importants pour sa restauration, vers 1860.
Le docteur Velpeau est mort à Paris le 24 Aout 1867 à l’âge de 72 ans. Il est inhumé au cimetière Montparnasse.
A toutes les époques, la commune de Brèches marquera sa reconnaissance à son bienfaiteur, la place devant l’église portera son nom, et un monument sera érigé en 1897 au centre de cette même place. Lieu qui sera conservé après la guerre de 1914-18, le monument aux morts trouvant place dans le cimetière communal. Plus prés de nous, en 2004, la maison natale d’Alfred Velpeau, fut aménagée en salle communale par le Conseil général et des subventions européennes.
Louis Bourgoin et Alfred Velpeau tous deux nés en 1795, se sont probablement fréquentés à la forge du village.
* Association vedacensis 72-Vaas
*Ouvrage d’Emile Aron ‘’Une carrière
exceptionnelle’’
Page achevée en Janvier 2012
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