LOUISE* 22 ANS. CHENU EN 1793

 

RECIT SUR UN INSTANT DE VIE D’UNE JEUNE SARTHOISE EN 1793

Branche 9/12

 

 

De 1793 à juillet 1794, l’époque est fort troublée en France, dans les villes et certains villages avec le régime de ‘’la terreur’’ nombre de Français sont exécutés par d’autres français, à Paris le Roi Louis XVI est guillotiné le 21 Janvier 1793. Le nouveau régime provoque aussi dans nos campagnes profondes des bouleversements dans la vie de tous les jours. Ainsi à la lecture des textes d’archives, nos aïeux qui deviennent des «citoyens» viennent à « la maison commune » pour la rédaction des actes de « Naissance » remplaçant ceux de Baptême, et de « Décès » remplaçant ceux de Sépultures. Le nom même de certains villages change, ainsi St Germain d’Arcé devient pour quelques années… Arcé-sur-fare. Le nouveau calendrier Républicain s’installe… tant bien que mal après le décret du 5 octobre 1793, remplaçant le Calendrier Grégorien !

 Mais les mois et les années passent et ce calendrier demeurera une difficulté… y compris pour les lecteurs d’aujourd’hui d’ailleurs !

           

Par les documents consultés, nous retenons à l’évidence que la vie de Louise Bourdilleau, choisie en cette page est un exemple fort de la vie difficile de nos campagnes depuis quelques années. Depuis sa naissance, cette jeune paysanne fut en effet bien peu favorisée par l’existence.

         Le récit historique de cette page, fait suite de la lecture à la Mairie de Chenu, de l’acte de naissance, de son fils MATHURIN le 15 octobre 1793.

 

 

*Précisons : Que le prénom de la jeune maman, Louise, a été « choisi » en deuxième lecture.

 Sur le premier acte lu, celui de la Mairie de Chenu (que nous remercions), l’acte est indiscutablement libellé avec le prénom d’Anne. Le second acte ci-dessous reproduit, est celui des Archives Départementales de la Sarthe, la lecture pouvait laisser penser… au prénom de Louise ! Aussi, après avoir étendu nos consultations aux actes de cette famille et en avoir dressé un nouveau relevé: nous avons conclu à une erreur de rédaction de l’acte en 1793 !

 « S’agissant de Geneviève Louise Bourdilleau née le 4 janvier 1772 à Chenu, de Jean Bourdilleau & Marie Bourien. »

Il faut dire qu’à la Maison commune de Chenu, le Citoyen Louis Jean François Penchien, premier officier de l’Etat civil, avait  cumulé les erreurs, hélas pas uniquement sur cet acte !

            N.B. En cette page comme en toutes autres pages de ce site, toute précision ou contradiction historique qui nous serait adressée, allant dans le sens d’une plus grande exactitude historique, serait prise en considération et une rectification serait apportée si confirmation !

 

 

ACTE NAISSANCE

A.D 72 Chenu N. Cote 5Mi 80_5

 

 

 

DESCRIPTION DU PARCOURS

 

            Le Dimanche 13 octobre 1793 en fin d’après midi, pressentant l’arrivée de bébé, Geneviève Louise, 22 ans, demeurant chez René Alloyeau à la Guerrière commune de Saint Germain d’Arcé allait rejoindre l’habitation des époux Touchard aux Buronnières en forêt de Boiserard, au Sud Est de la commune de Chenu.

 

1°/ Grâce au Cadastre de 1812, nous avons retrouvé présents ces chemins autrefois fort empruntés, mais qui sont en certains points devenus aujourd’hui des sentiers difficilement praticables, voire disparus par de nombreux endroits.

2°/  Grâce aux photos satellitaires, nous avons été agréablement surpris de retrouver par le changement de coloris de la terre des champs et des prairies ou de la couleur de la végétation pour les bois, le tracé de ces grands chemins de passage.

3°/  Une sérieuse reconnaissance sur le terrain en Juillet 2010, à confirmé le parcours : le plus court, par les chemins les plus importants de l’époque et probablement les plus carrossables.

 

 

Par le texte ci-dessous, retrouvons aujourd’hui le parcours fort probable de Louise !

Et mieux encore, mettons de bonnes chaussures et refaisons son parcours, en se munissant des cartes I.G.N au 25000e

 Réf. N° 1721 Est et N° 1821 Ouest

 

 

DETAIL DU PARCOURS

 

- Au sortir du chemin de la ferme de La Guerrière, à gauche, empruntons sur 375 m la route départementale 217 (vers St Germain)

- A cette distance, ce chemin dit ‘’de Vaas à Château la Vallière’’ continuait vers la gauche, en Lisière du bois. Aujourd’hui il réapparait après le bois avec ce passage en herbes folles entre les deux champs, puis traverse la route secondaire. De nouveau, on le devine dans cette bande d’herbe en bordure de clôture… mais  le chemin est bientôt barré à l’entrée du bois ‘‘du Pont de Pierre’’. Il faut de nos jours pour ne pas franchir l’enclos, le contourner en empruntant la départementale puis le premier chemin gauche après le lieu-dit Le Pont de Pierre. Ainsi, nous retrouvons notre chemin devenu large, bien entretenu et même couvert par les protections des vergers de l’exploitation de La Morinette (photo 1). Il devient même une petite route goudronnée, qui croise bientôt son égale, pour se diriger vers le lieu-dit ‘’Le Porteau’’.

 Nous sommes maintenant sur le territoire de la commune de Chenu. Au carrefour du Porteau, laissant à droite le chemin de ‘’La Vallerie’’ et abandonnant notre route goudronnée partir sur la droite vers Villiers au Boin… Notre chemin continuait autrefois ‘’face à nous’’ en traversant ce champs en pente (photo 2).

Ce chemin d’importance aujourd’hui disparu s’appelait ‘‘de St Germain à Chenu‘‘, il passait par ‘’Le Barré’’ sur les lieux (actuels) de la voie de chemin de fer, puis plus après, sur l’emprise de : la Gare de Chenu et du domaine des ‘’ Longueraies’’ qui n’existait pas en 1793 (photo 3), puis enfin de ‘’La Fosse’’ qui n’était pas encore ‘’Beauregard’’.

Pour emprunter, en Juillet 2010, le chemin au plus proche de son parcours original d’environ 2200 mètres depuis ‘’le Porteau’’, nous avons dû, en ce secteur faire bien des contours, en ne sachant trop si ce chemin ici ou ce sentier là, étaient du domaine public ou privé !

Au sortir des difficultés dues principalement au passage de la voie ferrée et de la transformation de ses abords, retrouvons vers le sud, le parcours original par la Route Départementale N° 30 (ancienne voie romaine). Au virage, avant le lieu-dit ‘’La Croix Thibon’’, un simple regard en arrière, le chemin ancien nous apparaît au sortir du Domaine de La Fosse Beauregard.

 Cette route importante était le Chemin ‘’de Vaas à Brèches’’ empruntons-là sur 2750 mètres, puis, au-delà du carrefour avec la D 10, au lieu-dit ‘’La Roussinerie’’. En ce lieu, le chemin initial était sur la gauche dans les prairies, en passant par ‘’Le Tertre’’ (disparu) et contournait le bois afin d’arriver à ‘’La Roussière’’. Aujourd’hui, plus question hélas de ce chemin, il faut emprunter la prochaine route au carrefour en « Y » puis de nouveau, tourner à gauche au carrefour de la Verrerie en suivant l’indication (trompeuse) de La Roussière !

 Là, le chemin original arrivait à l’entrée des maisons (photo 4), et continuait en face (à droite donc). Retrouvons ce petit parcours en terre entre deux cultures : Ce n’est plus exactement un chemin mais pas encore une culture ! Nous arrivons à ce que fut ‘’le carrefour de L’Halguerière’’ (nom ancien) ou L’Halgrière’’ (aujourd’hui), coupons cette route de desserte locale, et retrouvons notre chemin en face, devenu chemin de randonnée !

Nous entrons en forêt de Boiserard : après 250 mètres (à droite dans le bois juste avant la courbe gauche), à 300 mètres par ce chemin autrefois principal … Les Buronnières’’ !

 

Arrivée après 3 heures de cheminement sur la dizaine de kilomètres du parcours… Nous sommes maintenant à 500 mètres du département de l’Indre et Loire !

 

 

CARTE TRACEE SUR I.G.N 1721 Est & 1821 Ouest

 

      
        Photo N° I  La Morinette                                                     Photo N° 2  Au sortir du Porteau

 

    

            Photo N° 3 Les Longueraies                                     Photo N° 4  Au sortir du chemin de La Rousinerie

      

 

 

217 ans plus tard, tous les lieux-dits de l’époque, sont pour la majorité présents, quoique avec souvent quelques variantes dans leur libellé. Le parcours quant à lui, tracé sur la carte et reconnu sur le terrain, a pour près d’un tiers disparu au profit de parcours desservant des lieux plus importants et où la voie de Chemin de fer fut « prioritaire ».

 Native de Chenu comme ses trois sœurs, placée très tôt comme aide de maison puis employée de ferme, Louise connaissait, par nécessité, les chemins de Chenu et des alentours.

Le parcours emprunté avait été vraisemblablement celui-là : « Ces chemins de terre dits carrossables, en carriole, ou à pied, sur une telle distance avaient dû être pénibles à la future maman, qui accoucha le lendemain vers 14 heures ».

 

 

DATES

 

Le père Jean Bourdilleau né en 1729 était vigneron à La Closerie de la Croix non loin du bourg de Chenu,

 Il s’était marié …

- La première fois le 3 février 1761 à l’âge de 32 ans avec Marie Choquet, qui décéda le 18 février 1763 sans enfant.

 

- La deuxième fois avec Marie Bourieu le 26 janvier 1767. Trois filles  naquirent de cette union : Anne en 1768, Marie en 1769 (décédée en 1771) et Geneviève Louise en 1772. Cette deuxième épouse, Marie Bourieu décède à l’âge de 30 ans environ, le 19 juillet 1772.

 

- Il s’est marié la troisième fois avec Marie Moran (enregistrée aussi Moreau) le 2 mai 1773 à Chenu.  Une fille Marie naquit de cette union,

 le 17 février 1774 à Chenu, Closerie de la Croix.

 

           - Jean Bourdilleau décéda à l’âge de 45 ans, à la Closerie de la Croix,  le 2 Mars 1774.

- Marie Moran 36 ans se remaria à Villiers au Boin, le 2 juillet 1782.

 

 

EXTRAIT DE LA BRANCHE Réf 9/12

 

 

AU DECES DU PERE Jean Bourdilleau à l’âge de 45 ans

Le 2 Mars 1774 à Chenu :      Anne Louise née le 13 février 1768        :      avait 6 ans

                                               Geneviève Louise née le 4 janvier 1772 :      avait 2 ans

                                               Marie née le 17 février 1774                   :       avait 13 jours

 

LE CHOIX de Geneviève Louise pour la Closerie des Buronnières, est mieux compris après connaissance des (nombreux) décès autour d’elle, dont sa mère le 19 juillet 1772, puis son père le 2 mars 1774 !

 C’est sa cousine et marraine de baptême Louise Viau et son époux Hilarion Touchard qui la recevront et lui viendront en aide. Près d’elle aussi  Jeanne Bertin et son époux Alexandre Pontonnier les vignerons des Buronnières… ils avaient une fille du même âge : Magdeleine Pontonnier (21 ans) !       

 

Réalisé sur les dernières données connues en l’année 2010

Mairie de Chenu et Archives départementales

 

 

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