JEAN & VICTOIRE, CAFETIERS AUX HALLES   (Commune de Vaas)

Jean, un commerçant actif  & une personnalité !

 

 

Situé au carrefour des routes, ce café des Halles revendique un passé ancien du fait même de sa situation au carrefour de routes passagères.

 Première remarque, pour cette branche 4/1 : Jean Bourdilleau en devenant par son mariage, propriétaire de ce commerce en 1876, allait être des tous premiers du patronyme à quitter le secteur agricole et le premier à se diriger vers une activité commerciale.

 

 

 
 

 

                            

Jean 32 ans célibataire né le 8 Mars 1844, cultivateur domicilié chez ses parents Jean Bourdilleau et Marie Chanson cultivateur à Ruau, épouse le 6 juin 1876 Victoire Dorisse 30 ans veuve d’Alexandre Serpin charron, demeurant aux Halles commune de Vaas, où elle exerce la profession de cafetière - cabaretière. En la situation, un contrat de mariage sera effectué par les soins d’Etienne Renard notaire à Vaas, la veille de la cérémonie. Sont témoins/ le cousin Michel Heurteloup marchand de vin 47 ans de Vaas, Henry Bourdilleau cultivateur au Ruau commune de Vaas 24 ans son frère, Jacques Farion cultivateur 70 ans son oncle.

 

EXTRAITS DU CONTRAT DE MARIAGE

 

 « Ont comparu :

 1° Monsieur Jean Bourdilleau, cultivateur, demeurant au Ruau, commune de Vaas chez ses père & mère ci-après nommés. Majeur, étant né à Vaas, le 8 mars mil huit cent quarante quatre; issu du mariage d’entre M. Jean Bourdilleau et de Madame Marie Chanson, cultivateurs, demeurant ensembles au Ruau, commune de Vaas.

Stipulant en son nom personnel. D’une part :

2° M. & Madame Bourdilleau, père et mère, ci-dessus nommés qualifiés et domiciliés, la femme de son mari autorisée;

Stipulant tant pour assister le futur époux, leur fils, qu’à cause de la donation qu’ils lui feront ci-après.

Aussi d’une part :

3° Et Madame Victoire Dorisse, cabaretière, demeurant aux Halles, commune de Vaas, veuve avec deux enfants mineurs, de M. Alexandre Serpin en son vivant Charron & Cabaretier, demeurant au dit lieu des Halles, commune de Vaas, et où il est décédé le quatorze juin mil huit cent soixante quinze.

Majeure, étant née à Vaas, le trente Aout mil huit cent quarante cinq ; issue du mariage d’entre M. Pierre Dorisse décédé à Vaas le deux février mil huit cent cinquante neuf, et, Madame Madeleine Babet, décédée aussi à Vaas, le douze février mil huit cent soixante un.

Stipulant en son nom personnel. D’autre part :

Lesquels ont arrêté ainsi qu’il suit : les clauses & conditions civiles du mariage projeté entre M. Bourdilleau fils & Madame Veuve Serpin, dont la célébration de mariage doit avoir lieu incessamment à la Mairie de Vaas. » (Font suite, les articles 1 & 2.)

« Art. 3 :

 Le futur époux apporte en mariage et se constitue personnellement en dot :

1° Les habits, linge, vêtements, bijoux & autres objets à son usage personnel et comprend sa garde robe & desquels il n’est pas fait estimation à cause de la reprise en nature qui va être ci-après stipulée.

2° La somme de cinq cents francs dont il va être doté ci-après par ses père & mère.

Déclare le futur époux que son apport ainsi établi, est libre de toutes dettes & charges.

Art. 4 :

En considération du mariage M. & Madame Bourdilleau père et mère, Madame Bourdilleau sous autorisation de son mari, font donation en avancement au future époux leur fils. Qui accepte d’une somme de cinq cents francs qu’ils s’obligent solidairement entre eux à payer au futur époux dans l’année de célébration du mariage, sans intérêt, en argent ou en meubles et effets de ménage à leur choix.

Cette dote est constituée sous réserve par les donateurs du droit de retour pour le cas où le donataire viendrait à décéder avant eux, sans laisser d’enfants et pour le cas où les enfants viendraient eux-mêmes à décéder sans postérité.

Toutefois cette réserve, ne pourra nuire à l’effet de donation ci-après.

Art. 5 :

La future épouse, préalablement à l’interdiction de ses apports en mariage explique ce qui suit : M. Alexandre Serpin, son premier mari est décédé à Vaas, le quatorze juin  mil huit cent soixante quinze, laissant pour héritiers chacun pour moitié, ses deux enfants mineurs 1° Alexandre Eugène Serpin ; 2° Et Léon Serpin.

L’inventaire après décès du Sieur Serpin a été dressé par Me Renard, notaire soussigné les dix neuf juillet et dix décembre mil huit cent soixante quinze. La future épouse, en qualité de tutrice de ses deux enfants, est restée en possession de tous les meubles, effets mobiliers, argent comptant, titres et papiers compris en l’inventaire ».

Fait suite le détail chiffré, ci-dessous simplifié.

«Prisée du mobilier                                                                                                                                                                                           2627 f 00

Dossiers comptants                                                                                                                                                                                             260 f 00

Créances de charronnage                                                                                                                                                                                  615 f 00

Créances de Cabaret                                                                                                                                                                                           255 f 25

Maison et dépendances                                                                                                                                                                                     5103 f 00

Jardin                                                                                                                                                                                                                  594 f 00

Cave                                                                                                                                                                                                                    350 f 00

Vigne                                                                                                                                                                                                                 3571 f 00

Ensemble treize mil trois cent soixante quinze francs vingt cinq centimes                                                                                                      13375 f 25

 

Le tout grevé des reprises des époux existants, savoir :

Celle de la succession du dit Sieur Serpin                                                                                                                                                         1854 f 00

Celle de la future épouse                                                                                                                                                                                   8839 f 66

Et diverses dettes décrites en l’inventaire                                                                                                                                                          6908 f 16

Ensemble  dix sept mille six cent un francs quatre vingt deux centimes                                                                                                           17601 f 82

Ceci expliqué. L’apport de Madame Veuve Serpin est établi de la manière suivante :

Elle apporte en mariage et se constitue personnellement en dote :

1° Les vêtements, linge, effets et bijoux à son usage personnel & composant sa garde robe et desquels il n’est pas fait estimation à cause de la reprise en nature qui va être ci-après stipulée.

2° Et ses reprises qu’elle à droit d’exercer contre la communauté ayant existé entre feu Mr. Serpin son mari et la succession de ce dernier ; lesquelles sont évaluées pour la perception des droits d’enregistrement à huit mille huit cent trente neufs francs soixante six centimes.

Déclare Madame Serpin que son apport est grevé d’une somme de mille francs qu’elle a emprunté depuis le décès de son mari.

Duquel apport il a été donné connaissance au futur époux qui le reconnaît & consenti en demeurant chargé par le seul fait de la célébration du mariage. »

Font suite les Articles 6 et 7.

« Art. 8 :

En considération du mariage, les futurs époux se font donation entre vifs, au profit du survivant, ce qui est accepté par chacun d’eux.

De l’usufruit de l’universalité des biens, meubles et immeubles qui composeront la succession du premier mourant, sans aucune exception.

Cette donation ne subira aucune réduction en cas d’existence d’ascendant, mais s’il existe des descendants, elle subira la réduction suivante :

Si le premier mourant laisse seulement des enfants du mariage projeté ou des descendants d’eux, elle sera réduite à la moitié aussi en usufruit des mêmes biens meubles et immeubles.

Si c’est la future épouse qui précède & et qu’il existe des enfants de son précédent mariage, ou des descendants d’eux, la présente donation sera également réduite à moitié en usufruit; mais si nonobstant cette stipulation, la réduction à la quantité disponible vient à être exigée, le futur époux aura droit à la quantité disponible la plus large, en pleine propriété sur la part de celui ou de ceux des enfants qui auront exigé la réduction, la future épouse lui en faisant donation entre vifs pour ce cas.

Le survivant, dans tous les cas jouira de l’usufruit donné, pendant sa vie à compter du jour du décès du premier mourant, sans être tenu de fournir caution, de dresser état des immeubles, ni de faire emploi des valeurs mobilières ; mais à la charge de faire inventaire.

Evaluation pour l’enregistrement :

Pour faciliter la perception des droits d’enregistrement, les parties évaluent les garde-robes des futurs époux, à savoir :

Celle de la future épouse à cent cinquante francs                                                                  150 f 00

Et celle du futur époux à cent francs                                                                                       100 f 00

Avant de clore, Me Renard notaire à donné lecture aux parties des articles 1391& 1394 du code civil & leur a délivré le certificat (deux mots illisibles) ce dernier article pour être remis à l’officier de l’Etat civil avant la célébration du mariage. »                                                                                                                                                                                          

                                                                                    

                                                                                                                                              Document A.D. de la Sarthe, Archives notariales.

                                                                                                                                              Etude de Maitre Etienne Renard Notaire à Vaas

                                                                                                                                              5 juin 1876

                                                                                                                                             

 

JEAN, un homme actif !

 

Par les écrits qui sont parvenus jusqu’à nous aujourd’hui et les récits de sa petite fille Marguerite dans les années 70 : il s’agissait sans nul doute d’un homme d’action armé d’un caractère trempé. De son action dans le domaine commercial, retenons l’extrait ci-dessous publié dans le magazine ‘’Védacensis’’ sous la plume de Nathalie Barre « D’un monde à l’autre ». Il s’agit « d’une pétition » à porter au nombre des demandes de fêtes et réjouissances faites à partir de 1875 à la Mairie de Vaas, afin de répondre à la demande de la jeunesse d’alors.

 

 ….à l’instar des grands pays de vignobles, est toujours un sujet de réjouissances ».

 

 

Cette fête existait déjà depuis plusieurs années et c’était l’officialiser.

Arrêté du maire Joseph Olivier en date du 10 novembre 1878.

 En cet établissement et ses abords, demeura jusque dans les années cinquante, la tradition d’une ‘’Assemblée’’, vocable de fête locale…

 

Ainsi précédemment à Port Denet, une fête qui avait lieu depuis plusieurs années devenait officielle en 1875, l’autorisation officielle permettait aux deux cafés du lieu d’être ouverts jusqu’à minuit.

 

Autre document, dans le domaine d’un souvenir local marquant vieux de 155 ans ! Ci-dessous, l’extrait du registre paroissial de Vaas que nous avons déjà reproduit en page « Fait divers à Vaas en 1726 ». Il s’agit de la bénédiction de la croix pour le mémorial du Drame de Port Denet, mise en place par la famille*, le 28 avril 1881.           

 Retenons pour la famille, que son oncle Jacques Bourdilleau et son épouse Marie Farion seront les cultivateurs de Port Denet.

·         Jacques décédera à Port Denet, le 2 mars 1893 à l’âge de 78 ans.

 

 

                                                                                                                                                         Communication de M. Mme Jacques Poussin.

 

 

Jean et Victoire auront une fille : Héloïse, née le 25 Avril 1877 à Vaas. Devenue couturière, elle se mariera à 15 jours de ses 21 ans, le 10 avril 1898 à midi avec Louis Désiré Manceau boulanger « domicilié de fait à Vaas, mais de droit à Ligueil (Indre et Loire) ». Etaient présents Alexandre Bourdilleau son oncle, 36 ans cultivateur à Vaas, Gaston Vignas 50 ans maréchal à Vaas, ami de l’épouse.                                (Acte AD- 72 5 Mi 400/19)

 Trois signatures du Patronyme sont présentes sur l’acte.

 Un contrat de mariage sera établi auprès de maître Renard notaire à Vaas le 19 avril 1898.

 Une fille, Marguerite naitra de cette union. Née à Chinon Indre et Loire en 1898, elle se mariera à Villejuif en 1943, avec Gustave Joseph Bauquerey.

 

Marguerite BAUQUEREY.

 

              Nous avions connu Marguerite Bauquerey lors de nos premières reconnaissances en Sarthe. Après les premières rencontres avec Eugène et Victorine Horeau à Saint Germain d’Arcé, ce fut la personne qui nous fut particulièrement recommandée pour nos recherches familiales, du fait surtout qu’elle était connue comme étant une « Bourdilleau » !

 

            Rappelons toutefois que ce patronyme que Marguerite se plaisait de rappeler, n’était en fait que le nom de jeune fille de sa mère Héloïse !...

 

            Lors de nos rencontres, le nom de son grand père maternel revenait (très) souvent dans la conversation, et elle se plaisait de conter la vie très active de cette ‘’forte personnalité locale’’ en des termes d’un grand respect.

 

 

  

 

 

 

Document ci-dessus : Extrait de lettre en date de janvier 1973 :

Marguerite Beauquerey répond sur une feuille à entête commerciale à un courrier que nous lui avions adressé :

 

 «… J’ai fait ma petite enquête, auprès d’une vieille cousine de 85 ans qui m’a indiqué que nous étions parents du côté Bourdilleau, parce que son grand père SOUCHU, avait épousé une demoiselle Bourdilleau …»

 

Agée de 75 ans, nous lui rendions visite aux Halles où elle vivait dans un habitat succinct, côté cour du Café-Restaurant. Nous nous rappellerons d’elle comme d’une personne aimable et fort accueillante, avec qui nous avions rapidement sympathisé.

 

 

EXTRAIT DE LA BRANCHE 4/1

 

                                                                                                                                                                               

 

 

Les Halles, Commune de Vaas

                                                                                                                                                                                                Aout 2010

 

             

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